Stratégies alimentaires en marché des matières premières haussiers

 La tendance haussière des matières premières (M.P.) depuis environ 1 an se confirme. Nous resterons donc probablement sur des prix d’aliments hauts, au moins tout le premier semestre 2022. L’aliment représentant près de 60 à 70% du prix de revient d’un œuf, il existe différentes stratégies pour limiter ce coût. Ne rien faire en est une, mais si le prix de vente des œufs ne suit pas le prix de l’aliment, on impactera fortement la marge. Que faire alors ?

Travailler avec des contrats d’achats M.P. sur le long terme est une base. Un taux de couverture élevé (= si vous avez besoin de 100 T de soja le mois prochain, et que vous avez contractualisé 80 T = 80% est votre taux de couverture) vous assure une bonne sécurité sur le long terme. Cela évite aussi d’avoir des ruptures d’approvisionnement en M.P., ce qui hélas peut être fréquent dans ce contexte de M.P. chères. Trouver de nouvelles M.P., afin de réduire la hausse globale est toujours intéressant. Typiquement, elles seront moins onéreuses et augmenteront en prix plus lentement que les M.P. courantes.

En revanche, une nouvelle M.P. peut nécessiter un nouvel additif afin d’optimiser les performances ou de limiter l’impact négatif de facteurs antinutritionnels. On parle ici d’enzymes ou de capteurs de mycotoxines. Dans ce cas, il faut calculer son Retour Sur Investissement (R.S.I.) en tenant compte du prix bas de la nouvelle M.P. mais aussi de l’additif lié = R.S.I. commun. Un plan de contrôle régulier et bien ciblé sera la base pour bien caractériser cette nouvelle M.P., par définition moins connue que du soja par exemple.

A l’usine d’aliment, il n’y a pas beaucoup de choix (hormis investir dans du matériel plus efficient et économe en énergie) que de changer la présentation de l’aliment. La farine reste la présentation la moins coûteuse en comparaison à la miette ou au granulé. En présentation farine, une mouture plus grossière coutera moins chère en énergie. Mais tout changement de présentation de l’aliment nécessite de prévenir les élevages afin de bien ajuster la technique de distribution des aliments ainsi que la gestion du vide mangeoire. Autrement, le risque dans l’élevage est une nette dégradation des résultats. Ajouter des céréales entières pour une partie de l’aliment est aussi une solution envisageable. 

Une autre stratégie d’optimisation est de bien maitriser la santé, notamment intestinale et hépatique des pondeuses. Une bonne digestion permet d’exploiter de façon optimale les nutriments présents dans la ration. La base est évidemment un aliment bien équilibré et qui correspond parfaitement aux besoins des animaux. La fibre insoluble est un nutriment crucial favorisant la digestion, sa disponibilité est hélas parfois faible dans certains pays. Les fibres insolubles n’ont que des avantages pour la santé intestinale, la qualité des fientes… Un minimum à 3.5% de cellulose est recommandé en cage, 4.5% minimum pour les systèmes alternatifs. De nombreux additifs peuvent aussi contribuer positivement à la santé globale des animaux, il faut toujours les tester dans votre contexte local pour les valider.

Au niveau hépatique, épargner le foie, l’aider à récupérer régulièrement est bénéfique. Cela implique des cures d’hépato-protecteur toutes les 5 semaines environs. Le foie est très sollicité pour déposer le jaune de l’œuf, l’aider avec toujours un minimum d’huile dans l’aliment améliore sa santé.

En terme de formulation, faire un audit des formules et bien valider la cohérence entre les niveaux nutritionnels vs les performances terrain reste le principe de base à réaliser régulièrement. Mais chaque crise implique de se reposer la question de l’intérêt des niveaux nutritionnels et des additifs (déjà incorporés ou potentiels). On peut aussi parfois accepter volontairement une dégradation modérée des résultats afin d’économiser sur le coût de l’aliment et finir gagnant au final ! Optimiser plus fréquemment les aliments permettra de mieux suivre les hausses de M.P. en limitant l’impact, mais le gain restera marginal.

Toutes ces stratégies doivent être adaptées localement à chaque élevage. Elles ont toutes des impacts positifs mais parfois aussi des points négatifs. Comme toujours en nutrition, il s’agit de trouver le bon compromis et ensuite de l’ajuster en fonction des performances. Rien n’est figé, et surtout pas une formule d’aliment, elle doit évoluer selon le besoin des animaux et votre cible de production. Et ne jamais oublier que la nutrition et la technique d’élevage doivent toujours travailler ensemble afin d’avancer dans la même direction.

Information complémentaire

Pour de plus amples informations, merci de contacter: contact.novogen@novogen-layers.com

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