Les bases pratiques d’une bonne qualité de coquille

4/11/2020

Tous les lots de poules pondeuses ont le potentiel d’atteindre une bonne qualité de coquille. Sauf incident majeur, comme un déficit en vitamine D par exemple, avant 45 semaines d’âge, cette qualité reste très souvent correcte. Ensuite, une fatigue du lot, plus ou moins tardive, souvent liée à son vieillissement, se manifeste inévitablement par une baisse de la qualité de coquille. Il est tout à fait possible d’atténuer cet effet lié au vieillissement, à la condition de ne pas attendre d’en mesurer les effets pour agir ! La prévention (ou la bonne gestion) est toujours plus économique que le curatif !

Les bases pratiques pour conserver une bonne qualité de coquille jusqu’à la fin de lot sont les suivantes :

  •   La poulette (poids & homogénéité)

Il est reconnu qu’une poulette de qualité à la stimulation lumineuse, c’est-à-dire au poids standard et dans un lot homogène, est un facteur déterminant pour atteindre un bon pic de ponte, une persistance élevée, mais également une bonne qualité de coquille ! C’est la base de départ à respecter pour optimiser les performances de son lot. La période de poussinière est donc bien le meilleur moment pour investir dans l’avenir !

  •  La stimulation lumineuse (au bon poids)

Une fois la poulette prête, il est possible de réaliser la stimulation lumineuse. Elle ne doit pas intervenir trop tôt, sous peine de diminuer le poids d’œuf mais aussi la qualité de coquille en fin de ponte. Une stimulation tardive risque d’entrainer des gros œufs en fin de ponte, la qualité de coquille sera alors plus difficile à maintenir. En l’absence de stimulation, sur des bâtiments ouverts avec de la lumière naturelle, les poulettes se mettront à pondre naturellement en fonction de leur poids. Une stimulation efficace implique d’augmenter la durée du jour d’au moins 3 h sur une courte période de 3 semaines.

  •  L’alimentation en production

Une jeune pondeuse mobilisera facilement le calcium de son os médullaire pour former sa coquille chaque jour, principalement durant la nuit. Cependant, il faut l’accompagner en lui fournissant suffisamment de carbonate. En général, la répartition carbonate grossier/carbonate fin est de l’ordre de 60/40 en poule brune et 50/50 en blanche pour un apport de calcium d’environ 4 g minimum / poule / jour. L’aliment doit principalement être ingéré l’après-midi et juste avant la nuit pour favoriser une bonne calcification nocturne.

Graph. : Processus de calcification de l’œuf chez la poule pondeuse

En cas de forte chaleur, un éclairage en milieu de nuit, couplé à une distribution d’aliment et un accès à l’eau peut être utilisé pour maintenir le niveau d’ingéré. Une poule pond « par le bec »,donc une poule ne mangeant pas suffisamment va dégrader plus rapidement sa qualité de coquille avec l’âge. 

Graph. : Distribution de l’aliment avec l’éclairage nocturne

Il ne faut pas attendre de voir la qualité de coquille se dégrader pour agir, car pour certaines poules, il sera trop tard ! Diminuer le phosphore permet souvent d’améliorer la qualité de coquille car il entre en compétition avec le calcium pour l’absorption. On peut démarrer dès 40 semaines à le baisser progressivement. Cela permet également d’optimiser le coût alimentaire ! Dans le même temps, il faut ajouter plus de calcium, car les œufs sont plus gros, il y a donc plus de coquille à créer. De 4 g par poule et par jour, on peut augmenter jusqu’à 4.5 g en fin de ponte.

  • Ajout de calcium « on top »

L’apport manuel ou automatique d’un surplus de calcium, 1 à 2 g / poule / jour l’après-midi, améliore la qualité de coquille chez les poules âgées. Les coquilles d’origine marines sont une bonne source de calcium grossier à condition que le niveau sanitaire de cette matière première soit bon !

  • Les additifs

Les additifs de fin de ponte destinés à la qualité de coquille peuvent compenser des manques survenus en cours de lot. Cette solution reste souvent plus onéreuse qu’investir dans des nutriments « basiques » comme le calcium, mais dans le bon tempo. Il s’agit d’une solution curative de dernier recours.

Une bonne gestion de son lot de poules pondeuses en poussinière et production ainsi que de son alimentation permet donc de limiter les effets de l’âge sur les performances de ponte. Les investissements sur des nutriments « de base » comme le Calcium, le Phosphore et l’aliment poulette peuvent permettre d’améliorer directement la qualité de coquille. Il est également important d’optimiser la consommation d’aliment par la quantité ingérée et les heures de distribution. Technique et Nutrition doivent travailler ensemble pour atteindre les meilleures performances.

La qualité de coquille est une préoccupation constante en pondeuse qui doit se préparer dès le plus jeune âge. Je vois trop souvent une certaine négligence au niveau de la qualité des poulettes, quel que soit le pays, ce qui hélas dégrade les performances de production. Investir en poulette permet de démarrer sur de bonnes bases, ce qui est primordial.

Antoine Le Calvé

Responsable Nutrition, NOVOGEN

Information complémentaire

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